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Article écrit le 20 fév 2017

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La technologie nous rend-elle idiot ?

Handsome Man takes a Selfie with SmartphoneLa technologie nous promet et nous permet déjà des possibilités qui dépassent l’imagination. Mais à quoi bon vouloir augmenter nos capacités si nous sommes toujours aussi névrosés et dispersés à l’intérieur de nous-mêmes ?

Je suis toujours étonné par le syndrome Q (prononcer Kiu), le monsieur gadget de James Bond. Nous sommes tous fascinés par le gadget. Je suis sûr que j’aurais beaucoup plus de succès si je vous proposais une pilule (sans effet secondaire) qui stimule la neurogénèse (production de neurones tous neufs) dans votre hippocampe au lieu de vous dire simplement qu’il suffit d’aller courir (étude sur la neurogénèse par le sport).
De même, il existe des offres commerciales permettant de réduire la cellulite par électrostimulation pour un coût exorbitant et un résultat assez superficiel très loin des bienfaits d’un programme classique de training sportif pour peu qu’on le suive avec un minimum de persévérance.
L’époque est à l’accès rapide à tout, tout de suite et facilement. La startup Koober vous propose par exemple d’obtenir le résumé de n’importe quel livre dont la substantifique moelle vous sera restituée en moins de 20 minutes de lecture. Comme dans Matrix nous allons finir par nous faire transplanter les expériences et apprentissage en mode accéléré pour gagner du temps. Sauf que pour que nos connexions neuronales tissent et consolident un nouvel apprentissage il faut accumuler de l’expérience, c’est à dire la vivre. De même, pour réussir dans n’importe quel domaine, nous ne pouvons faire l’économie de tentatives ratées.

Attention, ne voyez pas dans ces lignes le rejet du progrès. Je suis le premier à me réjouir d’utiliser waze pour traverser ma ville rapidement quand la circulation est difficile. Ce pas le progrès en tant que tel qui pose problème, c’est le fait d’abandonner tout travail sur soi en comptant sur les béquilles technologiques.
A mesure que les capacités externes grandissent, nous devons grandir à l’intérieur au risque de finir par n’avoir que de la médiocrité à augmenter. Voici 5 clés de développement interne vers la sagesse qu’aucun technologie ne peut remplacer.

1- Affiner encore et encore sa connaissance de soi
Chacun de nous devrait savoir précisément quels sont ses points forts et s’assurer qu’il les exprime au quotidien. Parallèlement, nous devrions développer une perception fine de nos états d’énergie internes, savoir par exemple à quel moment nous abordons les zones rouges de fatigue où nos failles ressortent au grand jour. De même, quel est notre logiciel interne ? Comment est-il codé et quels sont les lignes de code à améliorer car nous pouvons faire évoluer la version régulièrement. Force est de constater que certains connaissent davantage le fonctionnement de leur smartphone.

2- Maîtriser son mental
Nous voyons rarement le monde tel qu’il est. Maîtriser son mental c’est à la fois comprendre les mécanismes émotionnels qui voilent notre jugement et savoir focaliser son attention quand on le souhaite. Les écrans qui envahissent notre quotidien sont des kidnappeurs d’attention et il est d’autant plus vital de l’affûter. Il s’agit de redevenir maître de quand et où nous plaçons notre conscience. Article sur la gestion de l’attention.

3- Muscler son esprit
Une fois que nous savons débroussailler les parasitages du mental et rester concentrés, nous pouvons développer notre esprit sur 2 plans :
Renforcer notre aptitude au bien-être et à la vision positive. Par exemple, en éclairant le champ positif de notre mémoire. Si tous les soirs, en rentrant du travail, je me force à faire ressortir un aspect positif de ma journée, je vais muscler cette aptitude à voir le verre à moitié plein.
Enrichir mes connexions. Pour le reprendre l’expression d’Idriss Aberkane dans son dernier ouvrage, nos connexions cérébrales sont comme des rivières. Il s’agit d’étendre leurs affluents et leurs réseaux. Comment ? En restant ouvert à toute activité nouvelle et surtout en veillant à garder sa capacité à s’émerveiller. Le cœur est le meilleur carburant pour apprendre. (Je n’ai jamais autant progressé en anglais que lorsque je suis sorti avec ma correspondante Sud-Africaine). Sans cette ouverture, nous nous enfermons de plus en plus dans les mêmes habitudes et donc les mêmes connexions. En matière de technologie, plus l’usage est passif, moins l’esprit se développe. Réfléchissez seulement à cette statistique : si vous remplacez 3 fois 2 heures de télé par semaine par une activité plus constructive : sport, écriture, lecture, méditation, vous aurez un crédit temps de plus de 300 heures par an.

4- Développer des relations saines
Que ce soit dans le cadre de relations affectives ou professionnelles, notre travail interne consiste à développer un lien d’interdépendance équilibré avec autrui. L’équilibre s’établit entre l’affirmation légitime qui suppose suffisamment de confiance en soi et la coopération qui passe par lâcher prise sur ses peurs. Les conflits, tensions et autres malentendus relationnels sont de gros consommateurs d’énergie psychiques. Nos habitats sont de plus en plus conçus en basse consommation, qu’attendons-nous pour en faire de même en économisant notre énergie psychique ?
Les outils de communication digitaux nous rendent forcément plus agiles, aucun doute là-dessus. Mais ils nous rendent également plus lâches. Il est bien plus facile d’envoyer un mail pour traiter un sujet sensible plutôt que dire les choses en face.

5- Choisir un idéal, un vrai
Il s’agit de relier ses actions à un idéal plus profond que simplement s’enrichir. Comme le dit Simon Sinek, les vraies réussites ne reposent pas sur la recherche de gloire ou de fortune. A voir ou revoir, sa description des premiers pas de l’aviation avec la course entre les frères Wright passionnés par l’idée de voler un jour et Samuel Piertpont Langley qui voulait avant tout être riche et célèbre.
Un idéal bien choisi comme sous-jacent de nos comportements et de nos actions nous donne une force inépuisable et une persévérance face aux obstacles.
Par ailleurs, le chemin pour arriver à un objectif est souvent plus important que le résultat à obtenir. C’est le sentiment que nous éprouvons lorsque nous parvenons à un but et que nous réalisons finalement que celui-ci devient accessoire par rapport à ce que nous avons appris au cours du voyage. Nous comprenons alors la différence entre l’Etre et l’Avoir. La différence entre grandir à l’intérieur et posséder un élément de l’extérieur.