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Article écrit le 14 juin 2017

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Les 4 tendances de fond qui transforment le management des équipes

Start up business. Group of young architect at officeLe fracas d’un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. Et pourtant elle pousse. Tout comme la façon de manager les équipe qui évolue en s’appuyant sur des principes puissants qui s’ancrent au delà des modes. Bien sûr, nous avons tous un exemple autour de nous d’un manager moyenâgeux dans ses relations avec ses collaborateurs mais très honnêtement les pratiques vont dans le bon sens.

1ère tendance : la bienveillance, vers un management plus attentionné

Au siècle dernier, pendant très longtemps, la légitimité d’un manager reposait avant tout sur son statut et sa compétence. Aujourd’hui, cela ne suffit plus pour fédérer et impliquer une équipe. Un manager doit s’appuyer sur l’intelligence interpersonnelle pour créer une vraie dynamique de motivation. En clair, un collaborateur au travail n’est plus seulement considéré comme une unité de production individuelle au service de la création de valeur pour l’entreprise. Le manager le considère également une personne sensible digne d’attention bienveillante. Ce souci de l’autre qui repose sur les « lois naturelles » de l’adulte n’est pas nouveau, ce qui change c’est l’ampleur de la prise de conscience dans les organisations. On assiste à un rééquilibrage entre le règne du QI d’un côté et de l’autre la diffusion du QE c’est à dire l’intelligence du cœur.

Précision 1 : faire preuve de bienveillance n’est pas synonyme d’un aller simple pour le monde des bisounours . La vraie bienveillance est toujours accompagnée d’une exigence qui lui donne toute sa crédibilité. Avec ma fille, je m’efforce d’être le plus attentionné des papas mais je deviens intransigeant sur les règles de vie incontournables comme la politesse (par exemple, regarder la personne que l’on salue dans les yeux). Beaucoup de managers confondent encore bienveillance et laisser faire.

Précision 2 : les manipulateurs les plus dangereux maitrisent parfaitement les ressorts de l’intelligence relationnelle. La bienveillance devient alors un outil au service de leur obscure ambition. Là encore, on ne peut pas parler de bienveillance mais plutôt de stratégie. La vraie bienveillance s’appuie sur une intention altruiste.

2ème tendance : la responsabilisation, vers un management plus coopératif

Très médiatisés, les exemples d’entreprises libérées qui ont fait leur « coming-out » dans le sillage du livre inspirant d’Isaac Getz sont l’écume visible d’une vague de fond qui, au mieux, dépoussière le management en cours et, au pire, interroge les dirigeants et leurs encadrants sur le modèle pyramidal hérité de la première révolution industrielle. Je ne pense pas qu’il faille opposer les entreprises libérées d’un côté (qui auraient tout compris et intégré le modèle ultime d’organisation permettant la synthèse tant fantasmée entre la création de valeur économique et la motivation des équipes) et de l’autre, le reste du monde forcément archaïque. La réalité est plus complexe. Entre ces deux extrêmes, de nombreuses nuances existent et beaucoup d’entreprises qui ne revendiquent pas leur « libération » n’ont pas à rougir de ce qu’elles ont mis en place, loin s’en faut. Une chose est sûre, la coopération s’étend progressivement et on passe du modèle manager contrôleur qui fixe les directives et relève les compteurs au manager facilitateur qui associe ses équipes aux projets en les aidant à mieux exprimer leur potentiel.

« Un de nos principes est de donner la responsabilité à celui qui accomplit la tâche car il sait beaucoup de choses sur la question et cela lui révèle souvent des capacités dont il ne se doutait pas et qui le font avancer  » Edouard Michelin

3ème tendance : le sens, vers un management plus lisible

Dans le monde actuel, nous croulons sous les données (infobésité) et nous sommes souvent comme des toutous en répondant au doigt et à l’œil de nos nouveaux maîtres digitaux (pop up de messagerie ou smartphone). Dans cet environnement plus complexe et anxiogène, le manager n’a pas d’autre choix que de tailler un espace de lisibilité à la machette pour donner un peu de place au sens. La une du magazine Socialter du mois de mai titrait sur les jobs à la con (bullshit jobs) qui poussent de plus en plus de personnes à se tourner vers des métiers plus concrets où on perçoit et le lien entre notre action et son résultat. Heureux les pâtissiers, photographes, architectes et autre artisans dont le sens de leur travail est si palpable. Pour les autres, c’est aux managers que revient le rôle de pédagogues, d’accoucheurs de sens. Je ne vous cache pas que pour certains services, il faut faire preuve d’une bonne dose de créativité pour y parvenir, ;-) Très concrètement, nous devrions tous diviser par 3 le nombre d’informations que nous diffusons dans une réunion et multiplier par 3 le sens que nous y apportons.

4ème tendance : la simplicité, vers un management plus décontracté.

La diminution du statut comme socle de légitimité permet un rapport manager / managé sur un mode adulte, moins infantilisant. Certains managers, dont la confiance en soi le permet, s’aventurent même sur le terrain de l’autodérision avec comme bénéfice immédiat d’apparaître plus humains et plus sympathiques. Cette décontraction décrispe les conventions et grand-messes qui autrefois obligeaient tous les salariés a écouté leur Direction religieusement. Ces réunions obligatoires laissent place à plus d’interactivité et plus d’humour et permettent de toucher émotionnellement les équipes au lieu de les endormir avec des discours convenus et connus d’avance.

À l’échelle d’un service, la décontraction représente un formidable outil de prévention des tensions. C’est également un fertilisant naturel pour l’innovation et la cohésion d’une équipe.

Précision : Acheter un baby-foot ou faire participer son équipe à un team-building exotique ne pourra jamais se substituer à un climat sain et authentique basé sur la bienveillance.

Et vous, sur chacun de ces 4 critères (bienveillance, responsabilisation, sens et simplicité) comment vous situez-vous ?

J’ai eu le plaisir d’animer une conférence sur ce sujet auprès d’étudiants du CESI le 30 mai dernier à Nantes.